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Jill Valentine ressuscite en pixel sur Game Boy Color après 25 ans dans l’oubli. Resident Evil, développé et édité par Capcom et sorti le 22 mars 1996 sur PlayStation 1, puis porté un an plus tard sur Saturn et PC, a marqué l’histoire du Survival Horror avec son ambiance terrifiante et ses mécaniques révolutionnaires. Ce chef-d’œuvre a connu de nombreuses adaptations sur différentes plateformes, mais l’une d’entre elles est restée dans l’ombre pendant plus de 20 ans : la version Game Boy Color développée par HotGen et mystérieusement annulée par Capcom en 2000. Cette adaptation quasi-légendaire, complète à 98%, vient enfin de ressurgir grâce au collectif Games That Weren’t.
L’histoire de cette version perdue commence en 1999 lorsque Capcom confie au studio londonien HotGen une mission particulièrement ambitieuse : adapter Resident Evil sur la Game Boy Color de Nintendo. Ce défi technique paraissait insurmontable compte tenu des performances limitées de la console portable, mais l’équipe de HotGen parvient à relever le défi avec brio en proposant une version étonnamment fidèle malgré d’inévitables concessions techniques. Le projet avance remarquablement bien et atteint même un stade de développement très avancé, prouvant qu’une adaptation de qualité était parfaitement réalisable sur cette plateforme.
Les développeurs de HotGen réussissent l’exploit de recréer l’atmosphère oppressante du manoir Spencer sur l’écran réduit de la Game Boy Color. L’adaptation conserve les éléments fondamentaux du gameplay original : exploration méthodique des couloirs sinistres, gestion stratégique des munitions, résolution d’énigmes complexes et confrontations tendues avec les créatures infectées par le virus T. La direction artistique parvient à traduire l’esthétique gothique du titre original dans les contraintes graphiques de la console portable, créant une expérience visuelle cohérente et immersive malgré les limitations techniques imposées par le hardware de l’époque.
L’ambition de cette adaptation dépassait largement le simple portage technique pour proposer une véritable réinterprétation du classique Capcom. HotGen développe des solutions créatives pour adapter les cinématiques, les dialogues et même les séquences d’action les plus spectaculaires du jeu original. Cette approche respectueuse mais innovante prouve que les équipes de développement de l’époque possédaient déjà une maîtrise technique exceptionnelle, capable de transcender les limitations hardware pour offrir des expériences ludiques riches et satisfaisantes sur des plateformes apparemment inadaptées à certains genres comme le survival horror.
Malgré l’avancement remarquable du projet et la qualité évidente de l’adaptation, Capcom prend la décision brutale d’annuler la version Game Boy Color au milieu de l’année 2000 sans préavis. La seule explication fournie à l’équipe de HotGen reste particulièrement floue : le « créateur original de Resident Evil » aurait estimé que la Game Boy Color n’était pas une plateforme digne de porter ce titre emblématique. Cette justification laconique ne précise pas s’il s’agit de Shinji Mikami, réalisateur légendaire de la série, ou de Tokuro Fujiwara, producteur historique du projet original, mais l’impact sur l’équipe de développement reste dévastateur.
Cette annulation soudaine transforme instantanément le projet en quasi-mythe vidéoludique, rejoignant la longue liste des jeux perdus qui hantent l’imaginaire des collectionneurs et passionnés de jeux vidéo rétro. L’ironie de cette situation réside dans le fait que Capcom publiera finalement Resident Evil Gaiden sur Game Boy Color en 2001, développé par M4, prouvant que l’éditeur japonais n’était pas fondamentalement opposé à porter la franchise sur cette plateforme. Cette incohérence renforce le mystère entourant l’annulation de la version HotGen, suggérant que des enjeux politiques ou commerciaux plus complexes ont pu influencer cette décision fatale pour un projet si avancé et prometteur.
Le collectif Games That Weren’t, spécialisé dans la préservation et l’archivage des jeux vidéo annulés, vient de réaliser un exploit historique en mettant la main sur une version 98% complète de Resident Evil sur Game Boy Color. Cette découverte extraordinaire provient de Pete Frith, ancien assistant programmeur chez HotGen, qui conservait précieusement cette build datant de la période précédant immédiatement l’annulation du projet par Capcom. Cette version quasi-finalisée permet enfin aux joueurs de découvrir des séquences inédites comme l’affrontement contre le Tyrant et la conclusion épique de l’aventure, éléments qui manquaient cruellement aux prototypes incomplets circulant depuis 2011 sur internet.
Bien que quelques problèmes persistent encore – cinématiques inachevées, sprites incorrects par endroits, bugs mineurs – cette build représente indéniablement la version la plus aboutie jamais vue d’un jeu avorté de cette ampleur. La qualité générale de cette adaptation témoigne du talent et de la détermination de l’équipe HotGen, qui avait réussi à surmonter les défis techniques apparemment insurmontables pour proposer une expérience Resident Evil authentique sur Game Boy Color. Cette résurrection numérique offre enfin l’opportunité aux fans de la série de découvrir ce chapitre perdu de l’histoire de la franchise, comblant un vide béant dans la chronologie des adaptations Capcom.
Pour jouer à la version Game Boy Color jamais sortie de Resident Evil, vous devez suivre ces étapes :
Voir Resident Evil tourner sur Game Boy Color après 25 ans, c'est comme retrouver un trésor oublié dans un grenier
Marcus Lechauve
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