Ce bref morceau de trente-quatre secondes accompagne l'un des moments les plus comiques de la représentation de "Je veux être ton oisillon" : l'entrée accidentelle de Djidane, Grenat et Steiner sur scène alors que le spectacle bat son plein. Le titre japonais "Anata no Nukumori" évoque une tendresse intime, un réconfort chaleureux, contrastant avec l'absurdité de la situation où trois personnages se retrouvent propulsés sous les projecteurs sans l'avoir voulu. La mélodie douce et enveloppante crée un moment de suspension émotionnelle au cœur du chaos.
La scène se déroule alors que Marcus vient d'être capturé par le Roi Léo et condamné à mort. Soudain, la "Princesse Cornélia" apparaît sur scène accompagnée du "Prince Schneider", interrompant l'exécution. En réalité, Grenat improvise le rôle de Cornélia (initialement prévu pour Ruby, membre des Tantalas), tandis que Steiner, complètement désorienté, joue involontairement le Prince Schneider sans même réaliser qu'il participe à une pièce de théâtre. Le capitaine des Chevaliers de Pluton, obsédé par sa mission de protection de la princesse, ne comprend pas qu'il est devenu acteur malgré lui.
Le thème souligne le moment où Marcus et Cornélia/Grenat se retrouvent dans une étreinte théâtrale : "Oh Marcus ! Tu m'as tellement manqué ! Je ne veux plus jamais te quitter. Je t'en prie, emmène-moi loin d'ici !" Cette réplique, prononcée par Grenat qui a étudié la pièce et la connaît par cœur, prend une résonance particulière puisqu'elle exprime également son désir réel de fuir le château. L'ironie dramatique est à son comble : la princesse joue une scène d'enlèvement romantique alors qu'elle vient littéralement de demander à Djidane de la kidnapper.
Baku, déguisé en Roi Léo et dirigeant secrètement l'opération Tantalas, improvise avec ses acteurs pour maintenir l'illusion : "D'accord les gars, continuons. Branet regarde toujours, après tout !" La Reine Branet, spectatrice enthousiaste, commentera plus tard qu'il s'agit de la meilleure version de la pièce qu'elle ait jamais vue, ignorant totalement que sa propre fille vient de s'échapper sous ses yeux déguisée en personnage fictif. Ce moment de comédie théâtrale dans le théâtre illustre parfaitement le goût de Final Fantasy IX pour la mise en abyme et les jeux de masques.
Final Fantasy IX