Cette mélodie mélancolique accompagne les moments où les personnages sont confrontés à des souvenirs douloureux enfouis dans leur mémoire. Le titre japonais "Ano Hi no Kioku" signifie littéralement "les souvenirs de ce jour-là", évoquant un événement traumatique précis qui hante les protagonistes. La composition repose sur des cordes délicates et un piano introspectif qui tissent une atmosphère de nostalgie teintée de tristesse, parfaite pour illustrer la remontée de fragments du passé.
Le thème apparaît d'abord lors du flashback de Djidane se remémorant sa première rencontre avec Grenat au château d'Alexandrie. Il accompagne ensuite les visions de Grenat lorsqu'elle commence à retrouver des bribes de son enfance oubliée : la destruction de Madain Sari par l'Invincible, le vaisseau de Garland qui lui apparaissait comme un "œil dans le ciel". À l'âge de six ans, la jeune Sarah (son vrai nom) avait fui le village des invocateurs en flammes avec sa mère Jane, avant que celle-ci ne périsse durant la traversée vers Alexandrie.
L'une des utilisations les plus poignantes de ce thème survient après la Première Bataille de l'Arbre Iifa. Grenat retrouve la reine Branet mourante sur la plage, victime de Bahamut retourné contre elle par Kuja. Dans ses derniers instants, Branet retrouve sa lucidité et implore le pardon de sa fille adoptive, se remémorant le jour où elle avait été si heureuse d'assister à la pièce "Je veux être ton oisillon" aux côtés de son mari et de la petite princesse. Cette scène déchirante marque la réconciliation entre mère et fille au seuil de la mort.
Distant Memory incarne musicalement le thème central de Final Fantasy IX : la quête d'identité à travers les fragments du passé. Grenat, Djidane, Bibi, tous les personnages principaux portent en eux des souvenirs incomplets ou douloureux qui définissent leur parcours. La composition d'Uematsu capture cette fragilité de la mémoire, ces éclats de vérité qui remontent à la surface aux moments les plus inattendus. Le morceau ne cherche pas à dramatiser mais à accompagner avec tendresse ces instants de vulnérabilité où le passé rattrape le présent.
Final Fantasy IX