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Velan Studios signe pour Nintendo un remake de Star Fox sorti sur Nintendo Switch 2 ce 25 juin 2026. Ce remake cinématographique de Lylat Wars est propulsé par le moteur VIPER maison de Velan et commercialisé à 49,99€ en numérique ou 59,99€ en physique. Testé sur Nintendo Switch 2 en mode dock et portable, voici notre verdict.
Star Fox sur Nintendo Switch 2 est le 2ème remake officiel de Lylat Wars en 15 ans, après celui sorti sur Nintendo 3DS en 2011. La franchise sort de presque 10 ans d’absence depuis le Star Fox Zero raté de la Wii U en 2016. Le retour de Fox McCloud profite de l’effet Mario Galaxy Le Film qui cartonne au cinéma en 2026. L’engouement renouvelé autour des licences cultes de la Nintendo 64 vient renforcer ce timing stratégique. Nintendo confie la barre à Velan Studios, le studio américain derrière Mario Kart Live: Home Circuit et l’éphémère Knockout City.
Le résultat est un remake trop fidèle, qui reprend à la lettre le matériau de 1997 sans en moderniser les fondations. Velan Studios a fait le choix d’un hommage assumé plutôt que d’un véritable renouvellement. Le titre se positionne donc face à des concurrents comme les remakes Capcom de Resident Evil qui osent réinventer leurs systèmes. À 59,99€ en physique, le pari est risqué et l’addition est salée pour un jeu qui semble avoir peur de son propre matériau.
Le pari de la fidélité absolue se retourne contre Velan Studios au moment où l’industrie attendait du studio une vraie audace créative. Les remakes modernes les plus aboutis ne se contentent plus de polir un jeu de 30 ans. Ils en revisitent la structure, le rythme et la profondeur narrative. La déception est particulièrement marquée sur les territoires PAL où le jeu portait à l’époque le nom de Lylat Wars. Velan Studios n’a pas pris les risques que la franchise méritait à l’aube de cette nouvelle ère.
La campagne principale se boucle en 1 heure 30 à 3 heures selon le chemin emprunté. Le système d’embranchements permet de débloquer des routes alternatives en fonction des objectifs accomplis durant chaque mission. 7 biomes différents sont à parcourir entre Corneria, Fichina, Zoness, Solar, Sector Y et autres planètes du système Lylat. La rejouabilité repose entièrement sur le scoring pour décrocher la médaille d’or sur chaque niveau.
Le système de progression souffre d’un défaut majeur hérité du jeu de 1997. Pour obtenir la médaille d’un niveau précis, il faut relancer toute la campagne depuis le début et emprunter à nouveau les bons embranchements. À l’époque, cette contrainte était parfaitement justifiée pour rallonger artificiellement la durée de vie d’un jeu cartouche de 4 méga-octets. Aujourd’hui en 2026, c’est tout simplement impensable de conserver une telle mécanique dans un remake vendu plein pot. Velan Studios n’a pourtant apporté aucune amélioration sur ce point. C’est une absence totale de quality of life moderne, particulièrement frustrante au regard des standards actuels.
L’intelligence artificielle des coéquipiers Falco, Peppy et Slippy n’a connu aucune amélioration depuis 1997. Vos compagnons se contentent de spammer des messages d’aide sans jamais éliminer les ennemis, particulièrement dans les séquences All-Range en zones ouvertes. Pire encore, ils peuvent mourir et vous empêcher de décrocher la médaille de fin de mission alors qu’ils ne servent à rien. Cette défaillance structurelle est inacceptable pour un remake vendu 59,99€ en 2026.
Le mode Défi propose 6 défis standard et 6 défis expert par niveau de la campagne. Ces objectifs annexes demandent de prêter attention à l’environnement ou de mettre certains ennemis spécifiques à l’honneur. Sur le papier, ce mode promet de prolonger la durée de vie d’un titre famélique. Dans les faits, la déception est totale.
Les défis se révèlent inégaux et anecdotiques sur beaucoup de niveaux. Certains défis tendent vers l’impossible sans que la fenêtre d’action soit clairement définie pour le joueur. D’autres défis sont déjà accomplis pendant la campagne classique mais ne sont pas crédités automatiquement dans le mode Défi. Les joueurs doivent refaire les niveaux uniquement pour valider des défis qu’ils avaient déjà réalisés, sans aucune raison structurelle valable.
Le mode Défi reprend littéralement les missions de la campagne sans introduire la moindre variation structurelle. Aucun niveau inédit, aucun environnement nouveau, aucune mécanique exclusive. Ce n’est pas un mode à part entière mais une rejouabilité artificielle posée sur le contenu existant. Le mode Défi gonfle la durée de vie sans jamais lui apporter une réelle plus-value, et illustre parfaitement le manque d’ambition global du remake.
La grande nouveauté du remake côté multijoueur local est le mode coop à 2 joueurs. Chaque joueur prend un Joy-Con 2 pour partager un unique Arwing. Un joueur incarne le pilote qui dirige le vaisseau, l’autre incarne le tireur qui vise les ennemis via le mode souris du Joy-Con 2. Le concept évoque les sessions arcade des années 80 où 2 joueurs partageaient une machine.
En pratique, partager un même Arwing complique plus l’expérience qu’elle ne la facilite. La coordination entre pilote et tireur demande une communication permanente et casse le rythme du gameplay original. Aucun écran scindé n’a été implémenté pour permettre aux joueurs de piloter chacun leur propre vaisseau. Cette omission est d’autant plus surprenante que la Switch 2 dispose de toute la puissance graphique nécessaire pour gérer 2 Arwing simultanés à l’écran.
Le mode souris Joy-Con 2 active automatiquement la vue cockpit dès qu’on pose le Joy-Con sur une table. Cette transition automatique limite drastiquement la visibilité et perturbe l’expérience globale. Les joueurs habitués à la vue arrière classique se retrouvent enfermés dans une vue cockpit qui n’apporte pas grand-chose. C’est une fausse bonne idée qui aurait mérité d’être facultative au lieu d’être imposée par le simple geste de poser un Joy-Con.
Le mode Combat oppose 2 équipes de 4 joueurs, l’équipe Star Fox contre l’équipe Star Wolf, en ligne ou en local. 3 maps sont disponibles au total. Une carte inspirée de Corneria propose un contrôle de zones. Une carte Fichina demande de collecter des cristaux d’énergie dans des météorites tombantes. Une carte Sector Y invite à transporter des cargaisons jusqu’à la base. Chaque map propose son propre objectif et ses propres mécaniques tactiques.
L’expérience multijoueur fonctionne plutôt bien sur le plan des sensations. Les zones ouvertes offrent de vraies possibilités tactiques pour piloter l’Arwing et exploiter les power-ups comme la téléportation ou les missiles. Le rythme est nerveux et les affrontements 4 contre 4 procurent des moments dignes du potentiel de la franchise quand les joueurs s’en emparent collectivement.
Le problème reste le manque criant de contenu. Seulement 3 maps pour un mode multijoueur entier est une déception majeure en 2026. Nintendo et Velan Studios auraient pu piocher dans le riche héritage de la franchise pour proposer des cartes basées sur Aquas, Solar ou Venom. La rotation impose vite de jouer plusieurs fois la même map de suite. En ligne, il n’y a même pas de système de vote pour choisir la prochaine carte.
Star Fox est sans conteste l’un des plus beaux jeux de la Switch 2 disponibles à ce jour. Le moteur VIPER propre à Velan Studios sublime chaque planète avec des effets de lumière, de fumée et de fluidité exceptionnels. Corneria est entièrement reconstruite avec une bataille en flammes et un chaos crédible. Fichina propose des flocons de neige qui s’accrochent à la caméra avant de fondre. Le titre tourne à 60 FPS constants en 1440p en mode dock.
La bande-son orchestrale signée d’inspirations John Williams est de très haute qualité. Les thèmes iconiques de la franchise sont réorchestrés avec ampleur et émotion. Le doublage français est exemplaire, Nintendo ayant investi dans une véritable distribution professionnelle. Les cinématiques entièrement nouvelles entre chaque mission apportent une dimension immersive que le jeu de 1997 n’avait pas. Elles peinent toutefois à compenser la pauvreté narrative globale du remake.
Le redesign des personnages divise mais finit par convaincre. Fox McCloud arbore des traits plus réalistes inspirés des marionnettes de la boîte SNES originale. Falco affiche un regard plus dur, Peppy apparaît plus âgé et Slippy plus expressif. Cette direction artistique mature s’inscrit dans la continuité du film Mario Galaxy. La technique est irréprochable et c’est essentiellement ce qui empêche ce remake de sombrer complètement.
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