Fan de GTA, Fortnite et FIFA, passez votre chemin 😉
Commençons par les points faibles : le jeu vidéo lui-même.
Il s’agit d’un curieux mélange de survival horror à la manière d’Amnesia (où l’on doit se cacher pour survivre), de point & click traditionnel (avec son lot d’objets à collecter et à combiner), et d’énigmes de plateforme (où l’on cherche un passage, active un mécanisme, puis débloque une issue).
Malheureusement, cette combinaison peine à trouver son équilibre. La fluidité n’est pas toujours au rendez-vous, les allers-retours deviennent vite laborieux, et l’on finit par ressentir une impression de « niveaux » juxtaposés. Notons également également l'aspect 4k n'est pas toujours au rendez-vous de par des zooms parfois parfois pixelisés si vous si vous jouez sur vidéoprojecteur.
Mais, mais, mais… Quelle générosité que ce jeu ! Elle parvient presque à effacer tous ses défauts.
Quelle merveille visuelle, d’abord : un univers évoquant les anciens Disney, où l’on se surprend parfois à poser la manette simplement pour contempler le décor.
Tout est dessiné à la main (dans un style rappelant Alice au pays des merveilles, Blanche-Neige ou Cendrillon) et l’ensemble forme un enchantement pur, une véritable claque artistique.
Le tout est sublimé par une bande sonore envoûtante, capable de vous saisir aux tripes dans les moments d’horreur comme de vous émouvoir profondément dans les instants de pure poésie.
Le scénario, quant à lui, est une merveille de subtilité et d’intelligence. Poétique, sensible, il se dévoile peu à peu pour culminer dans un final bouleversant. J’en ai eu la chair de poule, le ventre noué, les yeux humides, tant cette conclusion respire la beauté et la grâce.
Chaque vidéo de chapitre ressemble à un dessin animé à part entière. Certains trouveront sans doute l’attente de cinq minutes un peu longue entre deux séquences, mais pour ma part, j’ai savouré chaque instant, heureux de reposer la manette et de me laisser porter vers l’enfance.
Car tout y est : le cœur même du conte de Lewis Carroll, Alice.
L’enfance, le passage à l’âge adulte, la dureté de la vie.
Une réinterprétation splendide de ce mythe universel (si intime et si sincère qu’on en vient à se demander s’il ne s’agit pas là, en filigrane, d’une véritable autobiographie de son auteur tant l’émotion paraît vécue, tant la maturité y transparaît).
En somme, un gameplay perfectible, mais une expérience artistique totale : un choc visuel et sonore, un récit bouleversant, une leçon de vie magnifiquement mise en scène.