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L’émulation PS4 mobile fait un premier pas concret. Des builds expérimentaux du projet open source shadPS4 commencent à circuler sur Android. Ils atteignent les écrans de démarrage de Bloodborne et de Sekiro: Shadows Die Twice.
Le développeur indépendant edeegg vient de publier un portage non officiel de shadPS4 fonctionnant directement sur Android. La démonstration relayée par le créateur brésilien TRC GAMES sur YouTube est claire. Bloodborne et Sekiro: Shadows Die Twice se lancent sur smartphone et atteignent leurs menus principaux. Les deux jeux affichent leurs écrans-titre, leurs interfaces de création de personnage et leurs panneaux de chargement. Mais l’émulation fige ou plante avant tout rendu 3D en jeu. L’interface Android du build expérimental est déjà fonctionnelle. Elle gère les répertoires de jeux, les fichiers PKG, les overlays CPU/GPU et la génération de frames.
L’exploit technique reste réel. Faire tourner le code de titres PS4 sur architecture ARM64 demande des dizaines d’heures de travail de reverse-engineering. La compatibilité ARM64 est le fruit d’un effort collaboratif de contributeurs open source maîtrisant les profondeurs de l’architecture mobile. shadPS4 émule déjà 111 jeux sur sa version Windows et 144 jeux sur sa version Linux. Le projet PC vient également de recevoir le mode Big Picture et le multijoueur local dans sa dernière mise à jour.
Les exigences techniques du build Android limitent considérablement l’accès au public. Une puce Snapdragon 8 Gen 1 et 8 Go de RAM constituent le minimum recommandé. Le compilateur JIT, le support Vulkan 1.3 et les drivers Turnip sont également indispensables. Un utilisateur a tenté l’expérience sur un appareil équipé d’une puce MediaTek Helio G99 et de 4 Go de RAM. Cette configuration se situe largement en dessous des préconisations officielles. L’émulateur n’a pas planté immédiatement et a produit de l’audio sans rendu vidéo, faute de driver compatible avec le GPU Mali.
Le chemin reste long entre les menus chargés et un rendu 3D stable à 30 images par seconde. La distance se mesure en mois voire en années de développement supplémentaire. L’absence de version PC officielle de Bloodborne publiée par Sony rend pourtant ce projet d’autant plus précieux. L’émulation s’impose comme l’unique voie d’accès à des jeux longtemps restés exclusifs à une console arrêtée. Que les joueurs Android puissent un jour profiter de Bloodborne sur smartphone tient pour l’instant du rêve. Mais l’arrivée des premiers builds en démontre la trajectoire possible.
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