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Trente-cinq ans après son lancement, la NeoGeo AES revient sous la forme de la NeoGeo AES+, annoncée le 16 avril 2026 par PLAION REPLAI en partenariat avec SNK. La console sortira le 12 novembre 2026 avec les précommandes déjà ouvertes. Le slogan choisi donne le ton immédiatement : « No Emulation, No Compromise, No Comparison. »
En 1990, la NeoGeo AES débarque dans les salons comme une anomalie totale. Là où la Super Nintendo et la Mega Drive tournent en 16 bits, la NeoGeo pousse du 24 bits et fait tourner exactement les mêmes jeux que les bornes d’arcade MVS de SNK. Même cartouche, même expérience, zéro compromis. La console dispose d’un processeur Motorola 68000 à 12 MHz secondé par un Zilog Z80, d’une mémoire vive de 64 Ko et d’une capacité graphique capable d’afficher 4 096 couleurs simultanément parmi une palette de 65 536. Les jeux NeoGeo sont gravés sur des cartouches géantes pouvant atteindre 330 mégabits, quand les cartouches concurrentes de l’époque plafonnaient à 4 ou 8 mégabits. C’est la première console de salon à tenir réellement sa promesse d’une expérience arcade identique à la borne, sans dégradation graphique ni sonore.
La console se vendait 2 990 francs en France à sa sortie, soit l’équivalent d’environ 850 à 900 euros en valeur 2026. Aux États-Unis, 650 dollars, soit l’équivalent d’environ 1 500 euros aujourd’hui. Les cartouches pouvaient atteindre entre 1 500 et 1 690 francs pièce en France, soit 420 à 450 euros en valeur actuelle. Ce prix s’expliquait directement par le coût de fabrication des cartouches : reproduire fidèlement le hardware des bornes MVS dans un format domestique avait un coût industriel considérable, répercuté intégralement sur le prix de vente.
Ce statut de console mythique et hors de portée a traversé les décennies. Aujourd’hui, sur le marché de la collection, certaines cartouches comme Garou Mark of the Wolves ou Metal Slug atteignent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros. La NeoGeo AES+ s’attaque directement à ce problème en proposant une alternative accessible, sans concession sur l’authenticité.
SNK et PLAION REPLAI auraient pu opter pour de l’émulation logicielle ou une solution FPGA. Ils ont choisi de faire l’inverse. La NeoGeo AES+ fonctionne avec des puces ASIC d’origine réingénierées, des circuits intégrés spécifiques recréés selon les standards modernes mais conçus pour reproduire fidèlement le comportement exact du hardware de 1990. La console lit les cartouches nativement, y compris les jeux d’époque originaux pour les collectionneurs qui en possèdent encore. La compatibilité avec les cartouches MVS (arcade) n’est en revanche pas assurée, ces dernières utilisant des connecteurs différents.
Côté modernisation, SNK a joué la carte de la sobriété. La sortie AV classique est conservée pour les téléviseurs cathodiques, et une sortie HDMI à faible latence s’ajoute pour afficher du 1080p sur un écran actuel. Des commutateurs DIP placés sous la console permettent de changer la langue, d’activer un overclocking pour éliminer les ralentissements d’époque (pour un Metal Slug 2 enfin fluide, par exemple), ou de jouer avec les modes d’affichage. La console enregistre également les meilleurs scores de façon permanente et consomme moins d’énergie que l’original.
Dix titres emblématiques reviennent en cartouche physique avec boîtes et manuels, vendus 79,99 euros l’unité. La liste au lancement :
Face aux prix pratiqués sur le marché de la collection actuel où certains titres atteignent plusieurs centaines voire des milliers d’euros en occasion, 79,99 euros par jeu représente une tout autre réalité.
Trois formules sont proposées au lancement, avec des précommandes ouvertes dès maintenant sur le site de PLAION REPLAI :
La question mérite d’être posée franchement. La NeoGeo AES+ s’adresse en priorité à une génération de joueurs qui ont grandi dans les années 90, qui ont rêvé devant les bornes MVS dans les salles d’arcade et qui n’ont jamais eu les moyens d’avoir la console à la maison. Pour eux, 199,99 euros pour enfin tenir la NeoGeo dans les mains représente l’accomplissement d’un fantasme de gosse. C’est un argument émotionnel puissant, et PLAION REPLAI le sait parfaitement.
Mais au-delà de cette cible évidente, la proposition reste difficile à vendre aux joueurs qui n’ont pas ce bagage nostalgique. Un catalogue de 10 titres au lancement, des cartouches à 79,99 euros l’unité et une bibliothèque de jeux qui ne s’étendra peut-être jamais au-delà de quelques dizaines de titres, c’est un écosystème fondamentalement limité comparé à ce qu’offrent les plateformes modernes. Pour découvrir Metal Slug ou Garou Mark of the Wolves sans histoire personnelle avec la NeoGeo, les compilations numériques disponibles sur consoles actuelles restent une alternative bien moins coûteuse.
Ce qui pourrait changer la donne, c’est la philosophie hardware. À une époque où les débats sur la préservation du jeu vidéo et l’authenticité de l’expérience rétro se multiplient, la NeoGeo AES+ incarne une réponse radicale et cohérente. Pas d’émulation, pas de compromis, une fidélité totale au hardware de 1990 avec juste ce qu’il faut de modernité pour brancher la console sur un téléviseur actuel. C’est un objet qui a du sens, une déclaration d’intention. Si PLAION REPLAI tient ses promesses techniques au lancement le 12 novembre 2026, la NeoGeo AES+ pourrait bien devenir la référence absolue du retrogaming hardware authentique, bien au-delà de son public initial.
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