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GOALS de Goals AB est sorti gratuitement le 4 juin 2026 sur PC via Steam, macOS, PlayStation 5 et Xbox Series X|S avec un crossplay intégral entre toutes les plateformes. Testé sur PC avec une RTX 4090 et 64 Go de RAM durant la béta ouverte démarrée le 13 mars 2026 et la version complète depuis le lancement, voici notre verdict sur ce jeu de football compétitif free-to-play qui débarque dans un marché dominé par EA Sports FC et eFootball.
GOALS a réussi en quelques heures de prise en main ce qu’aucun jeu de football n’avait su faire depuis quinze ans. Retrouver les sensations brutes, exigeantes et profondément satisfaisantes que Pro Evolution Soccer 6 offrait à ses joueurs sur PlayStation 2 et Xbox 360 en 2006.
La comparaison n’a rien d’une figure de style nostalgique gratuite. Tout ce qui faisait la magie de PES 06 est reconnaissable dans GOALS dès les premières actions, à savoir la responsivité immédiate des commandes, la liberté totale de mouvement sans assistance abusive et la sensation que chaque action sur le terrain dépend uniquement de la maîtrise du joueur.
Le studio suédois Goals AB, fondé en 2021 et installé à Stockholm, a passé cinq ans à construire son projet sous la direction d’Andreas Thorstensson, ancien champion du monde de Counter-Strike, avec Frans Perers au design et Torbjörn Söderman à la direction technique. L’équipe a développé son moteur de jeu propriétaire sous Unreal Engine 5 ainsi que sa technologie réseau SENTEC, et le résultat se ressent dès la première passe. L’input est instantané. Le ballon répond à chaque pression de touche sans le moindre délai.
La responsivité est le pilier qui porte toute l’expérience GOALS et qui justifie à elle seule l’investissement temps dans le jeu. Là où EA Sports FC multiplie les couches d’animations scriptées et de transitions automatiques entre les actions, GOALS mise tout sur le contrôle direct du joueur. Chaque crochet, chaque feinte, chaque accélération est exécutée à la frame près sans le moindre temps mort artificiel.
Le dribble est probablement le meilleur du marché actuel grâce à cette fluidité globale du gameplay, avec des mouvements techniques enrichis pendant la béta via l’update 0.63.00 qui a ajouté le Heel to Heel, le Spin & Go, l’Elástico et les Body Feints. Naviguer dans des espaces serrés au milieu de défenseurs proches procure une sensation de maîtrise rare dans le genre depuis la fin de l’ère PES.
Les finesse shots et les low driven finishes restent les frappes les plus efficaces pour conclure les actions, ce qui correspond à la logique réelle du football moderne. Le passing est globalement satisfaisant mais reste perfectible, avec des moments où la précision décroche sans raison apparente sur des transmissions pourtant simples. Ce point particulier est probablement le plus gros chantier sur lequel Goals AB devra revenir dans les patchs à venir.
C’est sans doute la victoire la plus importante de GOALS sur la concurrence. Le skill gap est réel, mesurable et profondément satisfaisant. Quand on perd un match sur GOALS, on le perd parce qu’on a été battu tactiquement et techniquement, pas parce qu’un script invisible a décidé que ce serait le tour de l’adversaire. Quand on gagne, on a la conviction immédiate d’avoir gagné par mérite. Cette différence change radicalement le rapport psychologique au jeu et redonne envie d’enchaîner les matchs pour progresser.
La défense illustre parfaitement cette philosophie. Tout est manuel sans assistance abusive, ce qui demande une vraie courbe d’apprentissage avant de devenir compétent. Le placement, le timing des tacles et la gestion du jockeying récompensent les joueurs qui investissent du temps dans le travail défensif. Les mauvaises décisions sont sanctionnées immédiatement par des contre-attaques exploitables. À l’inverse, un sprint bien placé dans un espace ouvert récompense l’anticipation et la lecture de jeu, deux qualités que les jeux de football modernes avaient largement effacées au profit du spectacle automatisé.
La présentation de GOALS est volontairement épurée et concentre tous ses efforts sur l’expérience de jeu plutôt que sur l’enrobage cinématographique. Il n’y a pas de commentaires durant les matchs, aucune cinématique d’avant-match, peu d’effets spectaculaires entre les actions. Ce choix radical pourra dérouter au premier abord les joueurs habitués aux blockbusters annuels de la concurrence, mais il devient rapidement un atout. L’absence de bruit visuel et sonore parasite accentue la concentration sur le jeu lui-même.
La direction artistique est l’autre vraie réussite à côté du gameplay. Le style visuel adopté par Goals AB donne au jeu une identité immédiatement reconnaissable qui le distingue radicalement de la lisseur photo-réaliste d’EA Sports FC. Les joueurs ont des apparences distinctes générées procéduralement, les stades possèdent du caractère architectural et les détails comme les flares dans la foule contribuent à créer une atmosphère sur des matchs sans commentaires. C’est un parti pris artistique cohérent qui revendique l’esthétique compétitive d’un Rocket League appliquée au football.
L’autre innovation majeure de GOALS est son système de joueurs uniques générés procéduralement qui appartiennent exclusivement à votre club. Contrairement à EA Sports FC, UFL ou eFootball où les joueurs ont des notes figées qui changent à peine d’une saison sur l’autre, les footballeurs de GOALS évoluent dans le temps. Ils gagnent en niveau, améliorent leurs attributs, atteignent un pic de forme et de performance, puis déclinent progressivement avant de prendre leur retraite. Cette mécanique transforme la relation du joueur à son effectif et crée un attachement émotionnel rare dans le genre.
Le studio pousse l’idée encore plus loin avec le système des Originaux, des personnalités réelles intégrées au roster avec un avatar fidèle à leur image. Le créateur de contenu et entrepreneur KSI ouvre le bal en tant que premier Original jouable dès le lancement, et ces avatars évolueront différemment selon le style de jeu de chacun pour qu’aucun Original ne soit identique à un autre. Goals AB a également laissé entendre que des collaborations avec d’autres univers comme Fortnite pourraient enrichir le catalogue cosmétique sur le long terme.
L’obtention des cartes dans GOALS reprend les principes qui ont fait le succès du mode Ultimate Team chez EA Sports FC tout en supprimant ses pires dérives. Les points qui permettent d’acheter des packs s’obtiennent en jouant des matchs, en remportant les défis quotidiens et hebdomadaires, en performant dans les modes Ranked (via les Reward Points), Tournaments et Knockout, ou simplement en revendant directement au jeu les cartes dont on ne veut plus. Sept paliers de rareté structurent la progression vers les meilleures recrues, des cartes Common entrant dans la rotation rapidement jusqu’aux Mythic réservées aux joueurs les plus assidus.
Le système des Swaps prolonge intelligemment cette logique en permettant de fusionner plusieurs cartes pour en obtenir de meilleures, exactement comme le faisaient les Squad Building Challenges de FUT mais sans dépendre d’un marché des transferts entre joueurs. C’est précisément cette absence de marché spéculatif qui distingue radicalement GOALS de la concurrence, en supprimant les dérives qui ont fini par polluer Ultimate Team chez EA Sports FC avec ses prix gonflés artificiellement, ses bots de revente et ses joueurs inaccessibles aux non-payants. La progression dans GOALS dépend uniquement de la performance et du temps investi.
Tout n’est pas parfait dans GOALS et certains points méritent d’être patchés rapidement pour pérenniser l’expérience. Les attributs des joueurs ont étonnamment peu d’impact sur le gameplay réel par rapport à ce qu’ils devraient apporter. Un joueur Mythic ne se distingue pas suffisamment d’un joueur Rare en cours de match, ce qui dévalorise le travail de construction d’équipe sur le long terme.
Le contenu disponible au lancement est aussi un point qui pourra freiner certains joueurs. Le jeu sort avec un mode 1v1 uniquement, les modes 2v2 et 5v5 étant prévus en post-launch sur la roadmap de Goals AB. Cette structure compacte respecte la philosophie compétitive du projet mais limite forcément les possibilités pour les joueurs qui cherchent une expérience collective immédiate.
Le caractère Unforgiving assumé par Goals AB est aussi à double tranchant et pourra rebuter les joueurs casuels habitués aux mécaniques d’assistance permanente d’EA Sports FC. La courbe d’apprentissage est volontairement plus raide qu’ailleurs, et l’absence de commentaires se fait également sentir sur les phases finales de tournoi où une voix off contextualiserait utilement les enjeux du match.
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