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Nagai Industries propose avec inKONBINI: One Store. Many Stories sur Steam, PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, Switch 2 et le Game Pass l’un des jeux narratifs les plus attachants de l’année. Testé sur PC via le Game Pass, voici notre verdict.
inKONBINI place le joueur dans la peau de Makoto Hayakawa, une étudiante qui passe l’été à remplacer sa tante Hina au poste de gérante de nuit du Honki Ponki, une supérette de campagne dans le Japon de 1993. Le village est petit, enclavé, et tranquillement en train de mourir. Les jeunes partent vers les grandes villes, l’activité se réduit, mais le konbini reste le dernier lien social de la communauté. Le jeu se déroule sur 6 nuits, une semaine de travail dont chaque journée dure environ une heure.
La structure est d’une sobriété totale. Makoto arrive au konbini, lit les post-it laissés par les collègues de la journée (qu’elle ne rencontrera jamais mais dont elle finira par connaître les habitudes), réapprovisionne les rayons, vérifie que les produits sont rangés dans le bon sens, nettoie, accroche des affiches, et attend les clients. Il n’y a pas de pression temporelle, pas d’objectif financier, pas de scoring. Le temps ne s’écoule qu’à votre rythme. Le jeu repose sur le concept japonais « ichi-go ichi-e », une rencontre, une expérience unique, qui ne se répétera jamais. C’est sa promesse et c’est aussi ce qu’il tient.
Les 5 clients récurrents sur les 6 nuits sont le vrai jeu. Un vieux monsieur nostalgique dont le chat ne vient plus sur ses genoux. Un gamin de 12 ans entrepreneur en herbe. Un homme au premier abord intimidant. Une journaliste en quête d’une bonne histoire. Chaque conversation est à embranchements, chaque choix influence les relations et les informations découvertes, et certaines décisions aussi anodines que la façon dont vous rangez les produits dans les rayons peuvent influencer les interactions suivantes. Mettre correctement les étiquettes en façade, ranger le bon produit au bon endroit, ces détails de mise en rayon ont une incidence narrative réelle que le jeu ne signale jamais explicitement.
La simulation de gestion représente environ 10% du gameplay d’inKONBINI. Le reste est de la narration pure. Pour quiconque espère un supermarket simulator avec des mécaniques de gestion soutenues, profit margins et plan de stock, la déception sera totale. Ce n’est pas ce jeu. Pour les autres, la boucle de jeu est d’une cohérence parfaite avec son intention. Le rangement des rayons est méditatif, les petits détails à débusquer (une référence cachée dans un label produit, un message codé sur un post-it) sont de vraies récompenses pour les joueurs qui prennent le temps de lire.
La direction artistique est l’un des points forts indiscutables du jeu. Les couleurs chaudes et douces, l’éclairage spécifique d’un konbini bien éclairé dans la nuit japonaise, les produits avec leurs noms fictifs drolatiques (Kikko-nyan Soy Sauce, Calba Water, Heisei Choco Shrooms) recréent une atmosphère 1990s Japon d’une précision évocatrice. La bande-son est une expérience ASMR complète avec le carillon de la porte d’entrée, le bourdonnement des réfrigérateurs, le froissement d’un paquet de chips et le bip du scanner de caisse. Chaque son a été conçu pour créer cet état particulier entre veille et rêve qui caractérise le travail de nuit.
La critique principale vient de l’équilibre entre les moments de gestion et les moments narratifs. Ces derniers sont les plus précieux mais ne viennent pas assez souvent, entrecoupés de longues plages de rangement solitaire. Un joueur patient et sensible à la narration slow s’y retrouvera. Un joueur qui cherche une boucle de jeu plus rythmée sera hors de la cible, et inKONBINI l’assume sans complexe. L’absence de doublage complet est un regret réel pour un jeu aussi centré sur ses personnages. Et le prix de 19,99 € peut sembler élevé pour une expérience de 7 à 8 heures avec une rejouabilité limitée hors achievements. Via le Game Pass, la question ne se pose pas.
Le vrai talent d’inKONBINI est de rendre profondément humain ce qui semble bateau. Des conversations du quotidien, des problèmes sans enjeux dramatiques, et pourtant une connexion émotionnelle réelle qui s’installe nuit après nuit. Le petit vieux dont le chat ne vient plus sur ses genoux. Vous passez 4 nuits à comprendre pourquoi. Quand vous comprenez enfin, la seule question qui reste est de savoir quand lui dire. Ce type de tension narrative construite autour d’absolument rien de spectaculaire est précisément ce qu’inKONBINI réussit mieux que des dizaines de jeux narratifs à budget dix fois supérieur.
La fin est à l’image du reste. Sans effet, sans résolution artificielle. Le jeu se termine comme il a commencé, dans un équilibre de vie quotidienne qui suggère que les histoires continuent même quand Makoto repart. Les différents arcs narratifs des 5 clients sont inégaux, certains touchant plus que d’autres, mais tous construits selon la même logique de ichi-go ichi-e, cette rencontre n’aura lieu qu’une fois, et sa valeur tient précisément à cette unicité. inKONBINI n’est pas un jeu parfait. C’est un jeu qui sait exactement ce qu’il est, qui l’assume entièrement, et qui récompense généreusement ceux qui acceptent de ralentir à son rythme.
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Commentaires
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Continuer avec GoogleMerci pour ce test ! Je le lance ce soir 👌