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Palworld de Pocketpair sort officiellement d’accès anticipé le 10 juillet 2026 sur PC via Steam et Microsoft Store, PS5, Xbox Series X|S et Xbox One. Le titre est également disponible day one sur le Xbox Game Pass au prix inchangé de 29,99 €. Testé sur PC avec une RTX 4090 via le Xbox Game Pass avec un regard sur l’évolution du jeu depuis son Early Access.
Palworld traîne une réputation de Pokémon avec des flingues depuis son annonce en 2023. Cette comparaison est trompeuse voire absurde dès qu’on met les mains dessus. Là où Pokémon est un RPG au tour par tour avec des combats stratégiques codifiés, Palworld est un action-RPG survival craft en monde ouvert. Le jeu de Pocketpair se situe entre un Assassin’s Creed et un Ark Survival Evolved. Il combine la structure de monde ouvert du premier et les mécaniques de capture et gestion du second. Il ajoute du base building à la Valheim et un gameplay TPS avec fusils et armes à feu. Le résultat est un melting-pot génial de 10 ans de jeux d’aventure en monde ouvert.
Le principe fondamental est même l’inverse absolu de Pokémon dans sa philosophie. Les PNJ peuvent être massacrés, les Pals peuvent être capturés, butés ou broyés pour créer des composants industriels. Les humains eux-mêmes peuvent finir capturés dans des Pal Spheres. C’est un jeu ouvertement cynique et provocateur dans son propos là où Pokémon reste résolument mignon et bon enfant. La seule vraie similitude est le mécanisme de capture par lancer de sphère.
La version 1.0 de Palworld est un chantier titanesque après 2 ans et demi de développement. Le nombre total de Pals capturables passe à 287 avec 72 nouveaux Pals ajoutés dans cette mise à jour finale. Deux nouvelles régions massives arrivent avec les îles flottantes et l’énigmatique World Tree qui verrouille le contenu endgame. Les Tower Bosses ont été entièrement retravaillés avec de nouvelles patterns d’attaque plus lisibles et plus punitives.
Le Wing Pack est la nouveauté qui transforme le plus radicalement l’exploration. Ce jetpack équipable permet la traversée aérienne libre sans dépendre exclusivement des Pals volants pour se déplacer. Les nouvelles missions structurées apportent enfin un fil directeur narratif à l’expérience initialement chaotique de l’accès anticipé. La construction offshore débloque la possibilité de créer des bases sur les plateformes pétrolières en haute mer.
L’ajout des raids avec boss de très haut niveau enrichit considérablement le contenu endgame du titre. Les expéditions envoient également votre armée de Pals en mission pendant votre exploration libre. La pêche, les primes et le crossplay finalisent l’expérience multijoueur avec jusqu’à 32 joueurs simultanés. Pocketpair a maintenu le prix à 29,99 € au lancement de la 1.0 en remerciement à la communauté des 40 millions de joueurs cumulés depuis 2024.
Le vrai coup de génie de Palworld reste son monde ouvert et sa boucle de progression zone par zone. Chaque horizon révèle une nouvelle biome à explorer, une nouvelle arène à défier, une nouvelle technologie à débloquer. Le jeu maintient constamment cette carotte de la prochaine découverte à chaque partie. Vous vous demandez toujours si votre équipe de Pals va passer la prochaine tour ou si un Pal ultime va vous étaler sur la route.
L’addiction fonctionne grâce à la variété du gameplay entre exploration à pied et chevauchée sur des Pals rapides. Le vol libre avec les créatures ailées et le déplacement latéral avec le nouveau Wing Pack complètent le tableau. Les armes et outils d’exploration se débloquent progressivement au fil de la recherche technologique jusqu’aux tourelles lance-missiles et convoyeurs à minerai. Le jeu devient aussi addictif que The Legend of Zelda: Breath of the Wild dans son principe. La boucle devient certes répétitive sur la longueur mais fonctionne suffisamment bien.
Le scénario de Palworld reste au niveau du pitch de base sans jamais chercher à décoller narrativement. Vous incarnez un dresseur de Pals dans un archipel. Les créatures colorées peuvent être capturées, mises au travail forcé ou broyées pour créer des composants industriels. Le pitch reste au niveau du concept de base. La 1.0 boucle enfin l’arc narratif principal après 2 ans et demi d’accès anticipé et introduit une nouvelle structure en Acts pour organiser la progression. Pocketpair n’a intégré aucun doublage dans le jeu même en anglais et cette absence pénalise clairement les cinématiques principales du titre.
Cette narration réduite au strict minimum trouve sa vraie fonction dans le déverrouillage progressif des mécaniques du jeu. La nouvelle structure narrative en Acts débloque graduellement les nouvelles zones à explorer et les capacités inédites comme le Wing Pack. Les nouveaux types de créatures capturables s’ajoutent également au fil de la progression. Chaque avancée narrative sert de porte d’entrée à un contenu gameplay significatif. C’est ce qui maintient l’intérêt du titre sur la longueur. Le récit vanilla ne cherche jamais à raconter quelque chose de mémorable ou de marquant en soi.
Chaque Pal possède une force de travail spécifique parmi les 12 catégories disponibles dans le jeu. Un mammouth excelle à l’abattage de bois tandis qu’un pingouin pirate spécialise l’arrosage des cultures. La liste couvre la fusion des métaux, le transport de ressources, la plantation, la manufacture et de nombreuses autres tâches automatisables. La construction de vastes chaînes de production complexes devient rapidement le vrai jeu dans le jeu pour les fans du genre.
Le système atteint son sommet d’audace éthique avec une mécanique bien précise. Il devient possible de broyer certains Pals pour en faire de la puissance vitale pour d’autres créatures plus rares. Cette mécanique volontairement provocatrice s’inscrit dans la philosophie cynique assumée par Pocketpair sur l’ensemble du jeu. Les limites morales sont explorées sans détour dans un ton assumé qui contraste radicalement avec les codes sanitisés du monster catching classique.
Le seul vrai défaut du système de gestion réside dans son attribution manuelle des tâches. Plus votre base grossit avec de nombreux établis et plus les Pals énormes deviennent difficiles à assigner aux zones précises. La caméra et le système de portée peinent régulièrement à identifier la bonne station de travail. Le problème s’aggrave quand vous tenez un Pal de plus de 3 mètres au-dessus de votre tête.
Palworld peut donner l’impression d’un jeu facile pendant sa 1ère moitié en mode Normal. Vous pouvez rouler sur les 5 1ères arènes en compensant vos erreurs par la puissance brute de vos Pals ou de votre équipement. Certains pics de difficulté ponctuels apparaissent sur les boss ou les Pals ultimes qui balancent des rayons lasers à travers les murs des donjons. La courbe reste globalement accessible pendant cette phase d’apprentissage.
La véritable dimension stratégique du jeu se révèle brutalement autour de la 6ème arène. Pocketpair exige alors la compréhension approfondie des forces élémentaires, des altérations d’état et de la composition d’équipe avec 5 Pals complémentaires. Un coup mal placé ou une esquive ratée conduit régulièrement à un one-shot immédiat sans possibilité de récupération. Cette montée en tension transforme l’expérience en un vrai jeu de stratégie exigeant qui rappelle par moments les combats de Monster Hunter.
Le problème principal du système reste son mélange détonnant entre punitivité et brouillon technique. Les Pals volants ont visiblement du mal à naviguer dans certaines zones du jeu. La caméra perd régulièrement le fil des combats intenses avec plusieurs créatures géantes à l’écran. Mourir sans voir le danger arriver reste le meilleur moyen de faire décrocher des joueurs pourtant conquis par le reste.
Palworld n’a aucune identité visuelle propre malgré son sujet fantastique. Les biomes sont un assemblage patchwork de références évidentes à d’autres jeux à monde ouvert. Les zones montagneuses, désertiques et forestières manquent cruellement de personnalité artistique. Un arbre monumental rappelle par exemple directement la structure d’Elden Ring dans son rôle d’objectif visible à distance. Ces choix conservateurs plombent l’impact esthétique global d’une carte pourtant vaste et généreuse en biomes.
Le design des Pals souffre du même côté aléatoire dans son inspiration éclectique. Certaines créatures comme le soldat ou les Pals félins disposent d’une vraie identité graphique marquante. Mais l’ensemble reste très hétérogène avec des designs qui semblent piochés au hasard entre l’esthétique Pokémon, l’inspiration kaijū japonaise et un côté cartoon assumé. Les noms des créatures s’inscrivent dans la même logique de références à l’humour douteux et aux jeux de mots faciles.
La direction sonore commet le péché mortel d’absence de doublage même en anglais dans un jeu narratif avec cinématiques. Les musiques d’ambiance sont quasi inexistantes en monde ouvert et se contentent d’un thème principal proche des standards Pokémon sans conviction particulière. Pocketpair aurait clairement pu investir davantage sur ces aspects artistiques et sonores pour donner à son jeu la personnalité qu’il mérite.
Les bugs ont diminué significativement depuis l’accès anticipé de janvier 2024 grâce au travail de fond de Pocketpair sur la stabilité serveur et l’optimisation. Les traversées de sol et les blocages permanents de l’accès anticipé appartiennent désormais au passé. Les coûts de production et de capture ont été rééquilibrés dans le bon sens pour éviter la sensation de grind excessif de la version initiale.
Le problème persistant reste l’intelligence artificielle des Pals en combat comme en base. L’IA oscille entre le binaire complet dans certains combats et le franchement stupide dans les phases de logistique de base. Les Pals peuvent traverser les murs de votre forteresse en pleine défense ou refuser catégoriquement de réagir face à un danger imminent. Cette instabilité gâche partiellement le sentiment d’attachement à l’équipe que le jeu tente de construire.
Les problèmes techniques secondaires ne sont pas absents malgré cette version 1.0. La caméra peut devenir horrible dans les combats resserrés contre des géants. Les animations deviennent hasardeuses dès que 15 Pals cohabitent dans une base gigantesque avec plusieurs établis actifs simultanément. Ces défauts n’atteignent jamais un niveau critique mais rappellent que le moteur du jeu peine encore contre l’ambition démesurée de son propre monde.
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