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Sad Cat Studios signe avec REPLACED un premier jeu qui porte les cicatrices de 8 ans de développement chaotique, d’un exil forcé de Minsk à Chypre sous les bombes, et d’une ambition artistique qui dépasse clairement les moyens du studio. Sorti le 14 avril 2026 sur PC via Steam et sur Xbox Series X/S au prix de 19,99€ et disponible day one sur le Game Pass, ce platformer narratif en 2.5D se passe dans une Amérique alternative des années 1980 ravagée par le nucléaire. Testé sur PC avec une RTX 4090 et 64 Go de RAM, voici notre verdict.
Soyons honnêtes dès le départ. REPLACED ne se donne pas facilement. Il faut compter environ une heure de jeu avant que l’expérience ne trouve réellement son rythme et que l’on commence à s’y sentir à l’aise. Cette mise en route laborieuse tient en grande partie à la structure très linéaire du jeu. Les premiers environnements sont essentiellement des couloirs enchaînés, avec peu d’ouverture sur l’espace et beaucoup de passages forcés qui donnent l’impression de suivre un rail plutôt que d’explorer un monde. Pour un jeu vendu sur sa direction artistique et son atmosphère, ce démarrage en petits pas peut décourager les joueurs les moins patients.
La sensation dans les mouvements de R.E.A.C.H. mérite aussi d’être mentionnée. Le personnage se déplace avec une certaine rigidité, une inertie qui rappelle directement les deux premiers Prince of Persia de Jordan Mechner. Ce n’est pas forcément un défaut en soi, et l’on comprend clairement que c’est un choix artistique assumé pour ancrer le jeu dans l’esthétique des cinematic platformers des années 90. Mais pour un joueur habitué aux platformers modernes fluides et réactifs, il faudra accepter cette résistance et apprendre à travailler avec elle plutôt que contre elle. Une fois ce cap franchi, les animations de combat, d’escalade et de déplacement révèlent un soin réel.
REPLACED est visuellement l’un des jeux les plus impressionnants de l’année, et le dire après 8 ans d’attente n’a rien d’une flatterie excessive. Le pixel art fait à la main, rehaussé d’effets modernes, constitue une direction artistique cohérente de bout en bout. Phoenix City est une mégapole dystopique baignée de néons et de désespoir, où les couloirs industriels alternent avec des ruelles fourmillantes de vie et de misère. Les effets de lumière, les angles de caméra cinématographiques et les animations du personnage principal donnent à chaque séquence une qualité d’image que peu de jeux indépendants atteignent.
La bande-son synthwave composée pour l’occasion est à la hauteur de l’ambiance visuelle, ça claque, laissez-vous aller quelques minutes avec la musique RUST juste en dessous. Les influences de Terminator, Blade Runner 2049 et Upgrade sont assumées et bien digérées. Le jeu se passe en 1984 dans une Amérique nucléarisée, et la colorimétrie chaude des néons contre l’obscurité des bidonvilles crée une atmosphère immédiatement reconnaissable. Sur RTX 4090, le titre tourne parfaitement et met en valeur chaque détail du travail artistique du studio. La direction artistique de REPLACED est sans conteste son meilleur argument, et il est difficile de ne pas être impressionné même après plusieurs heures de jeu.
Le gameplay de REPLACED refuse de rester au second plan comme dans beaucoup de cinematic platformers. R.E.A.C.H. court, saute, escalade, résout des énigmes environnementales, frappe, tire, esquive et pirate des systèmes. Le système de combat s’inspire directement de Batman Arkham, avec des indicateurs visuels sur les ennemis pour signaler les contres et les esquives. Les combats procurent de bonnes sensations une fois maîtrisés et les animations sont particulièrement soignées durant les affrontements.
Les défauts ne manquent pas pour autant. La difficulté est inégale et oscille sans logique entre des passages trop faciles et des séquences soudainement hardcore sans que la transition soit préparée. Côté plateforme, la maniabilité rappelle Flashback et Oddworld, ce qui est une excellente référence, mais certains passages demandent une précision au pixel près que le jeu ne communique pas clairement au joueur. Des séquences peuvent demander de nombreuses tentatives non pas par manque d’habileté mais parce que la fenêtre d’action n’est jamais clairement définie. La durée de vie entre 8 et 10 heures pour la campagne principale est correcte pour un jeu à 19,99€, avec environ le double pour le 100% et les 34 trophées.
REPLACED souffre de quelques bugs notables au lancement. Sur PC avec une RTX 4090, le framerate oscille et des saccades surviennent régulièrement malgré la puissance de la configuration. Le studio a indiqué que des correctifs d’optimisation sont en cours, et les retours de la démo Steam avaient déjà permis d’améliorer la stabilité avant le lancement. Mais en l’état, le jeu n’est pas exempt de problèmes techniques.
Le bug le plus perturbant rencontré durant ce test concerne les cinématiques : à plusieurs reprises, une scène se rejoue deux fois de suite sans interruption, comme si le moteur n’avait pas détecté la fin de la séquence. Ce type de dysfonctionnement, qui sort brutalement de l’immersion pendant les moments narratifs clés, est particulièrement regrettable dans un jeu qui mise autant sur son atmosphère et sa mise en scène. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est suffisamment fréquent pour être mentionné. L’ensemble est prometteur et les bases sont solides. Un ou deux patchs devraient corriger l’essentiel.
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